Khad :
L'Allemagne. Juste une heure en avion qui me parut des milliers d'années lumière, au milieu de la poudre d'étoile. La poudre d'étoile. Le titre d'une chanson que j'avais écrite pendant ce que nous préférions appeler notre « séjour ». Nous étions de nouveau nous, je crois. Cela faisait plus d'un mois que je n'avais pas touché de basse. C'était de ça que j'étais vraiment en manque mais je m'interdisais d'y penser. Car une drogue mène toujours à une autre...
Arrivées, nous sourions à l'Allemagne, nous commencions à l'aimer comme si elle avait dû nous laver d'une souillure.... Notre pays d'accueil, la nouvelle terre. Je devenais folle je crois. Après avoir passé un bref coup de fil à nos familles et à notre manager, nous partions pour Magdeburg, un joli petit village, loin de toute agitation. Notre maison était ravissante et la dame chargée de notre surveillance était souriant, enfin un visage amical... Elle vivait dans la maison d'à côté et ne serait là qu'en cas d'extrême urgence et pour nous faire à manger.
« Gaëlle ?, demandai-je.
- Oui ma belle ?
- Ma basse...
- Quoi ta basse ?
- Je veux juste la toucher.
- Mais fais-le ma belle !
- Non ! J'veux pas, tout va trop me manquer, et je vais me souvenir et je ne veux pas.
- Ma puce, on est là pour tout recommencer, t'as qu'à acheter une nouvelle basse !
- T'as raison !
- J'ai toujours raison !
- T'es nulle !
- Moi aussi je t'aime ! »
Donc c'était décidé, j'allais m'acheter une nouvelle basse, j'avais l'argent pour et de toute façon qui pouvait m'en empêcher ? Plus que quelques jours avant la rentrée, j'étais impatiente. De nouveaux visages, de nouvelles connaissances. J'étais heureuse, je crois. Et sans avoir rien pris d'autre qu'un verre de jus de raisin mélangé avec un peu d'eau pour que ce soit moins sucré. C'était sûrement ça, le vrai bonheur !
Nous allions voir Janine, notre tutrice, pour lui demander si nous pouvions faire un tour, se promener dans le quartier, voir la lumière du jour et respirer un peu d'air.
« Gaëlle ?, demandai-je.
- Oui ma puce ?
- Ils sont tous blonds les Allemands ?
- Bah, j'en sais rien moi ! Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que tout ceux que je vois depuis tout à l'heure sont blonds, regarde lui là devant !
- Ah oui ! »
Gaëlle éclata de rire, parfois elle semblait choquée par mes bêtises mais l'important c'est qu'elle m'aimait comme j'étais et même avec mon passé, vu qu'on avait le même.
« Hallo ! dit une voix.
- Hallo, répondions-nous en nous retournant en sursaut vers la jolie voix.
- Vous êtes nouvelles dans le quartier ?, nous demanda le blond en allemand.
- Euh, désolé nous sommes française, tu ne parles pas français ? demandais-je en anglais.
- Non, désolé.
- Et anglais ?
- Pas très bien.
- Bon bah, c'est pas grave nous on parle allemand !
- Ah Ok...
- Khad, arrête de faire chier ton monde !, intervint Gaëlle.
- Si tu voulais vraiment que j'arrête, tu l'aurais dit depuis longtemps ! Avoue que t'as trouvé ça drôle !
- Non pas du tout, t'es pas marrante comme fille !
- Bon tais-toi je parle avec quelqu'un là...
- Alors vous êtes nouvelles dans le quartier ou vous êtes juste de passage ?
- Eh bien en fait...
- Eh bien en fait on est arrivé cet après-midi et on va s'installer ici pour...
- Khad s'il te plait, tu peux éviter de m'interrompre ça devient soûlant ! Non mais t'as quel age ?
- C'est bon vas-y continue !! Oh !...
- Oui donc, on vient s'installer ici, et finir nos études on habite dans cette maison là, lui dit Gaëlle en désignant notre maison
- Ah d'accord.
- Sinon, comment tu t'appelles ?lui demandai-je
- Andreas, répondit-il
- Andreas ? J'adore ce prénom c'est très exotique...caliente !
- Arrête Khad, tu va lui faire peur
- Non, non ne t'inquiète pas elle ne me fait pas peur ! Et vos prénoms à vous c'est comment ? Toi c'est Khad, non ?
- Oui moi c'est Khad, Khadidja exactement, et elle c'est Gaëlle !
- Geil ?
- Non pas Geil, GA-ËLLE !!!
- D'accord Khadidja et GA-ËLLE, ça m'a fait très plaisir de vous rencontrer mais là je ne peux pas rester, je dois rejoindre des amis. On se revoit plus tard ? Si vous avez besoin de quoi que ce soit, de visiter la ville ou quelque chose d'autre, ma maison c'est celle là, vous n'avez qu'à sonner !
- D'accord merci beaucoup Andreas, à plus tard sûrement ! »
Andreas s'éloignait, et les yeux brillants nous le regardions partir. Une nouvelle rencontre, une nouvelle connaissance. Un visage amical, un nouvel ami, enfin...